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Nom de domaine et adresses e-mail de la mairie : le guide

Par Foued Cherni · Mis à jour le 27/09/2026

Chapeau

Le nom de domaine de la mairie, c'est son adresse sur internet, par exemple « macommune.fr ». Il sert à la fois pour le site et pour les adresses e-mail (« mairie@macommune.fr »). La loi protège le nom des communes en .fr : seule la commune peut l'enregistrer, sauf autorisation de son conseil. Les communes de moins de 3 500 habitants peuvent obtenir gratuitement un nom de domaine et une messagerie professionnelle via la Suite territoriale de l'État.

Ce guide explique comment choisir le nom, à qui il doit appartenir, et pourquoi les élus ne devraient pas utiliser d'adresse personnelle pour la mairie.

Sommaire

  1. Nom de domaine : de quoi parle-t-on ?
  2. Ce que dit la loi sur le nom des communes
  3. Choisir le bon nom et la bonne extension
  4. À qui doit appartenir le nom de domaine
  5. Les adresses e-mail de la mairie et des élus
  6. La solution de l'État : la Suite territoriale
  7. Changer de nom de domaine sans casse
  8. Questions fréquentes

1. Nom de domaine : de quoi parle-t-on ?

Un nom de domaine est l'adresse lisible d'un site : « macommune.fr ». Il se loue à l'année auprès d'un bureau d'enregistrement (on dit aussi « registraire »), une société agréée par l'organisme qui gère l'extension. Pour le .fr, cet organisme est l'Afnic.

Concrètement : le nom de domaine ne contient pas le site. Il pointe vers l'hébergement du site et vers le service de messagerie. On peut changer d'hébergeur sans changer de nom de domaine, à condition d'en garder le contrôle.

2. Ce que dit la loi sur le nom des communes

L'article L. 45-2 du code des postes et des communications électroniques prévoit que :

  • l'enregistrement d'un nom de domaine peut être refusé ou supprimé lorsqu'il est identique ou apparenté à celui d'une collectivité territoriale, sauf intérêt légitime et bonne foi du demandeur ;
  • sauf autorisation de l'assemblée délibérante, le nom d'une collectivité territoriale ou d'une intercommunalité à fiscalité propre, seul ou associé à des mots ou abréviations faisant référence aux institutions locales, ne peut être enregistré que par cette collectivité comme nom de domaine dans les extensions correspondant au territoire national (.fr et extensions des territoires).

Concrètement : un particulier ou une entreprise ne peut pas, en principe, enregistrer « macommune.fr » ou « mairie-macommune.fr » sans l'accord du conseil municipal. Si c'est déjà le cas, la commune peut demander la récupération du nom auprès de l'Afnic, en s'appuyant sur ce texte.

3. Choisir le bon nom et la bonne extension

L'extension. Le Référentiel de la présence numérique des territoires (RPNT), publié par l'ANCT, retient comme extensions de confiance le .fr, certaines extensions régionales (.alsace, .bzh, .corsica, .paris), le .eu et les extensions d'outre-mer. Il écarte les noms avec accents. Ce référentiel n'est pas une obligation légale : l'ANCT précise qu'il n'est adossé à aucune loi. Mais c'est un bon repère.

Le nom. Quelques conseils :

  • le plus simple est le nom de la commune : « macommune.fr » ;
  • si le nom est déjà pris ou ambigu, « mairie-macommune.fr » ou « ville-macommune.fr » ;
  • pas d'accents, pas d'abréviations inconnues des habitants ;
  • pour les communes homonymes, ajoutez le numéro ou le nom du département : « macommune31.fr ».

Enregistrez aussi les variantes proches si elles sont libres (avec ou sans « mairie- »), et faites-les rediriger vers le site principal. Cela évite qu'un tiers les utilise.

4. À qui doit appartenir le nom de domaine

C'est la règle la plus importante de ce guide : le nom de domaine doit être enregistré au nom de la commune, pas au nom d'un prestataire, d'un élu ou d'un agent.

Pourquoi ? Parce que celui qui est titulaire du nom en a le contrôle. Si un prestataire l'a enregistré à son nom et que la relation s'arrête mal, la commune peut perdre son adresse de site et ses adresses e-mail.

Comment vérifier :

  1. consultez le service de recherche « Whois » de l'Afnic (afnic.fr) pour votre nom en .fr ;
  2. regardez le titulaire indiqué : ce doit être la commune ;
  3. demandez à votre prestataire les codes de transfert et l'accès au compte de gestion.

Chez Mairie Digitale, le nom de domaine est toujours enregistré au nom de la commune. Si vous changez de prestataire, lisez Reprendre son site chez un ancien prestataire.

5. Les adresses e-mail de la mairie et des élus

Les risques d'une adresse personnelle

Beaucoup d'élus utilisent une adresse Gmail, Orange ou Wanadoo pour la mairie. Les inconvénients sont réels :

  • la continuité : à la fin du mandat, les échanges partent avec l'élu ;
  • la confiance : un habitant ou un fournisseur ne peut pas vérifier que « maire.macommune@gmail.com » est bien le maire, ce qui facilite les usurpations ;
  • la sécurité : la mairie ne contrôle ni les mots de passe ni la double authentification ;
  • les données : des données personnelles d'habitants circulent sur un compte privé.

Le RPNT de l'ANCT recommande que l'adresse officielle de la mairie utilise le même nom de domaine que le site, sans domaine générique (gmail.com, orange.fr, wanadoo.fr), avec un serveur situé dans l'Union européenne. Voir aussi Adresse Gmail des élus : les risques.

Quelles adresses créer

Pour des signatures homogènes, utilisez notre générateur de signature e-mail pour les élus.

Sécuriser les boîtes

Un mot de passe différent par boîte, la double authentification quand elle est proposée, et une procédure pour fermer les accès en fin de mandat. Voir Cybersécurité en mairie : 10 réflexes.

6. La solution de l'État : la Suite territoriale

L'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) propose la Suite territoriale, mise à disposition à titre gracieux des communes de moins de 3 500 habitants et des intercommunalités de moins de 15 000 habitants, ainsi que des collectivités adhérentes d'une structure de mutualisation partenaire.

Elle comprend notamment :

  • Collectivite.fr, un nom de domaine institutionnel, identifiable par les services de l'État et les citoyens
  • Messages, une messagerie professionnelle ;
  • un espace de stockage de fichiers, la prise de rendez-vous en ligne et d'autres services.

La connexion se fait avec ProConnect, l'identité numérique professionnelle des agents publics (voir ProConnect). L'ANCT invite les collectivités à passer par leur opérateur public de services numériques, partenaire de proximité.

Selon l'ANCT, près de 10 000 communes ne disposent pas encore de nom de domaine institutionnel.

Notre conseil : si votre commune est éligible, regardez d'abord cette offre gratuite. Si vous avez déjà un nom de domaine en .fr à votre nom, gardez-le.

7. Changer de nom de domaine sans casse

Changer de nom de domaine (par exemple d'une adresse fournie par un prestataire vers « macommune.fr ») demande quelques précautions :

  1. gardez l'ancien nom au moins un an et faites-le rediriger vers le nouveau ;
  2. redirigez page par page l'ancien site vers le nouveau, pour que les liens existants continuent de fonctionner ;
  3. mettez à jour l'Annuaire de l'administration sur service-public.gouv.fr, les courriers, le bulletin, les affiches ;
  4. gardez les anciennes boîtes actives quelques mois avec un renvoi automatique.

Ces étapes font partie de toute refonte de site bien menée : demandez-les par écrit à votre prestataire.

Questions fréquentes

Q : Quel est le domaine d'une mairie ? R : C'est l'adresse internet de la commune, par exemple « macommune.fr ». Elle sert pour le site et les adresses e-mail. La loi réserve en principe à la commune l'enregistrement de son nom en .fr (article L. 45-2 du code des postes et des communications électroniques).

Q : Est-il obligatoire d'avoir un nom de domaine ? R : Aucun texte n'impose à une commune d'avoir un nom de domaine. Le Référentiel de la présence numérique des territoires le recommande, sans valeur obligatoire.

Q : Combien coûte un nom de domaine en .fr ? R : Quelques euros à quelques dizaines d'euros par an selon le bureau d'enregistrement. Pour les communes éligibles, la Suite territoriale fournit gratuitement un nom de domaine institutionnel.

Q : Un élu peut-il utiliser son adresse Gmail pour la mairie ? R : Rien ne l'interdit expressément, mais c'est déconseillé : perte des échanges en fin de mandat, usurpation facilitée, données d'habitants sur un compte privé. Une adresse de fonction sur le domaine de la commune règle ces problèmes.

Q : Que faire si un tiers a enregistré le nom de notre commune ? R : L'article L. 45-2 du code des postes et des communications électroniques réserve en principe ce nom à la commune. Pour le .fr, l'Afnic propose des procédures de résolution des litiges

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Sources

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Encadré auteur

Foued Cherni dirige Nehos Groupe - KBC SOLUTIONS, agence numérique basée à Toulouse. Avec son équipe, il conçoit les sites, applications et assistants IA de Mairie Digitale, dont l'application ActuMairie. L'agence →

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